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Mongolie

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05
oct

Quelques faits

Il est possible de se faire débrider les yeux à Oulan-Bator pour 50 euros. Les nomades boivent peu d’eau, ils boivent surtout de l’airag (lait de jument fermenté, légèrement alcoolisé), et du thé au lait. « S’il-te-plaît / merci », ne sont pas des formules courantes. On ne frappe pas avant d’entrer et on ne verrouille pas chez soi. Nos pieds doivent être en direction de l’entrée de la yourte lorsque l’ont dort. On entre dans la yourte du pied droit, on tend et l’on reçoit de la main droite. La traite des juments doit être faite 4 fois par jour, celle des chèvres seulement 1 fois. Dans les régions où le bois se fait rare, la bouse de vache séchée est utilisée pour alimenter le feu. La vodka mongole est faite à base de lait distillé.

05
oct

Au delà du Tibet…

La Mongolie c’est aussi un patrimoine riche et préservé. Au hasard des chemins, on trouve des stèles, et des ovoo où les nomades laissent une pierre, un ruban, pour voyager sains et saufs. Les lieux de culte sont cependant les plus surprenants. On découvre le monastère bouddhiste Shankh, où de nombreux moulins à prières bordent l’entrée. Le petit temple coloré de Tüvken, datant du XVIIème et voué au culte de Zanabazar, premier chef spirituel bouddhiste des Mongols, se mérite : après une heure de montée, on l’aperçoit à flanc de montagne. Personne à l’horizon, c’est un lieu calme et reposant. A Kkarkhorin, cité légendaire de Gengis Khan, c’est le monastère d’Erdenzuu qui nous laisse sans voix : datant de 1585, il est le plus ancien monastère bouddhiste tibétain de Mongolie : en 1939, il a été en partie détruit, comme des centaines en Mongolie. Depuis la chute du communisme, les lamas l’occupent à nouveau, et le bouddhisme tibétain prend un second souffle dans le pays.


					
Ovoo MongoleMoulin à prièresMonastère tibétainMonastère d'Erdenzuu en MongolieIMG_1205DSCF2240DSCF2248IMG_1214
04
oct

Fêtes et imprévus

Après une balade sur des chameaux désobéissants dans le petit désert de Gobi, nous avons passé une journée faite d’imprévus et de festivité dans la réserve naturelle de Khögnö Khan. Invités pour fêter la naissance d’un nouveau né, une profusion de nourriture et de sucreries pour le plus grand plaisir des enfants nous attendent dans la yourte. Chaque invité doit chanter pour le bébé, enveloppé dans des linges très serrés comme dans un cocon : nous ne manquons pas à la règle, Johanna fut même sollicitée pour un rappel. Drôle de spectacle : une shaman prend l’âme et la voix d’un vieillard après avoir revêtu l’habit et s’être donné quelques coups de tambour sur la tête. Elle avale des cendres brûlantes tout juste sorties du poêle. Thomas se lance : elle lui donne du sucre pour soigner ses maux de dos et lui prédit un bébé pour bientôt, hum. On nous convie ensuite à un barbecue, où l’hôte tue et dépece la chèvre du festin à côté des enfants qui jouent. Famille, amis, nomades de passage, nous sommes une vingtaine à manger la chèvre avec les doigts, sous la yourte. Puis la soirée commence : chant, danse et jeu à boire… Le perdant doit boire un verre d’airag. On a beaucoup perdu, et beaucoup ri.

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02
oct

L’insouciance s’envole vite

Batsukh, chasseur de loups, et Ganchimeg ont 4 enfants. Ils vivent dans la vallée d’Orkon.
Aagii, 18ans, vient d’avoir son bac. Il a « décidé » d’arrêter ses études et de rejoindre ses parents à la campagne, pour chasser le loup, les marmottes et dresser les chevaux, comme son père. Il nous dit que c’est son rêve, mais aussi que c’est le seul fils, et qu’il doit prendre la relève.

Turshenzargal et Uka, les adolescentes, étudient au canton. Leurs parents ont acheté une maison où elles vivent depuis l’âge de 6 ans, seules. Les cantons sont très pollués et ont des airs de bidonvilles malgré les couleurs rouge, bleue et verte des toits. Elles voient leurs parents aux vacances scolaires. La télévision est une échappatoire devant laquelle elles passent beaucoup de temps. Pour poursuivre leurs études après le bac, il faudra aller loin, à Oulan-Bator, et avoir de l’argent pour payer l’administration corrompue.
La plus jeune, Orgenzargal, a 5 ans. Elle est toute mignonne avec ses joues rouges, on entend son rire dans toute la maison. Mais dans 1 an, elle devra déjà quitter ses parents pour aller vivre au canton avec ses soeurs.

IMG_1042IMG_1020Les enfants dans une maison Mongolie, MongolieLa petite devant la télé, dans une maison Mongole, MongolieDSCF2162
01
oct

La montagne est au cheval ce que la colère est à l’homme

Nous arrivons dans la vallée d’Orkhon, abritant un ancien volcan dont la lave projetée dans la vallée crée un paysage chaotique, plein de rocs (qui donnent du fil à retordre à la jeep). Nous montons à cheval en direction de la rivière pour aller titiller la truite qui s’avérera aussi maligne qu’en Haute Savoie. Nous passons deux cols de montagnes pour une durée totale de deux heures. Nous revenons bredouilles, mais apprecions des paysages dignes de fonds d’écran de Windows, et ramenons le troupeau de yacks du voisin. Le but est de galoper vers les teigneux essayant de se faire la malle, ou de pousser les petits traînant la patte. Pur bonheur.

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30
sept

Etre à la campagne

L’expression prend un tout autre sens ici en Mongolie, où la campagne peut vous donner la sensation de revenir quelques décennies en arrière. La ville la plus proche est à 2 à 3 heures de route suivant la piste. L’approvisionnement en eau se fait depuis un puits qui sert les familles des environs, et peut se trouver à plusieurs kilomètres de l’habitation. L’électricité pour éclairer la yourte le soir ou regarder la télévision mongole n’est disponible qu’après rechargement de la batterie avec des panneaux solaires. Les toilettes, c’est la steppe. Les Mongols se nourrissent presque exclusivement de leurs troupeaux : mouton, thé au lait, yaourt (tarag) gardé dans de gros pots, fromage (aaruul) séché sur le toit de la yourte, crème qu’on étale sur du pain, lait de jument fermenté (airag) légèrement alcoolisé et vodka obtenue après distillation du lait. Dans la yourte, peu de choses, mais tout est bien pensé : le poêle au centre pour se chauffer et cuisiner, les lits de part et d’autre du poêle, les armatures qui forment le toit servent d’étagères, sur les poteaux centraux sont accrochés des petits miroirs discrets, et sous l’autel des ancêtres, un coffre cadenassé pour ranger les quelques affaires chers au coeur des nomades.

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29
sept

« L’amour vient du ventre »

En Mongolie, une femme doit savoir bien cuisiner pour se trouver un bon mari, et surtout le garder ! Monxzala nous a concocté de bons plats bien consistants servis dans de  grands bols généreux comme le « Tsuivan » qu’elle doit réussir à la perfection pour garder son mari Ulziibat : mouton, pâtes mongoles faites à base de farine et d’eau, poivrons, oignons et pommes de terre. Le tout cuit sur le poêle de la yourte, dans un grand wok qu’ils utilisent pour tout. Nous avons dégusté le barbecue Mongol « Khorkhog » : encore du mouton, pommes de terre, carottes, oignons cuits dans une marmitte avec des pierres brûlantes. C’est comme chez nous le barbecue, convivial : tout le monde pioche avec les mains dans le plat… Nous avons eu l’honneur de goûter le riz au lait salé avec du mouton encore évidemment, que les Mongols ne font qu’aux gens qu’ils apprécient.

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28
sept

En mode sépia

Nous avons souvent entendu lors de notre voyage que nous n’étions pas venus à la bonne période pour visiter la Mongolie. Quelques semaines plus tôt nous aurions pu voir les grandes étendues vertes et profiter de températures plus que positives au réveil. Mais dès notre arrivée dans la steppe, nous observons une certaine harmonie entre ces plaines infinies cramées par la canicule du mois d’août et les différents troupeaux sauvages. Leurs tonalités de couleurs concordent parfaitement.

Une fois rentrés dans la yourte, les quelques rayons venus du ciel passants par l’ouverture centrale viennent au fur et à mesure du temps éclairer famille et invités de passage. Le lait de jument fermenté (l’airag), que l’hôte tend tour à tour à ses invités, éclaire leurs visages, la lumière reflétant dans le blanc pur du breuvage.

Troupeau de chevaux au coucher de soleilCheval blanc dans la steppe mongole, MongolieChien devant une yourte, MongolieTroupeau de chèvre dans la steppe mongoleNomade en tenue traditionnelle mongole, repoussant les chèvresMonkzaya buvant du lait fermentée (airag), MongolieUlziibat éclairé par le puit de lumière de la yourte mongole, Mongolie
27
sept

Premiers kilomètres dans la steppe

La bande des 4 quitte Oulan Bator la grise, l’enfumée, la surpeuplée, pour la steppe. On passe le « péage » pour prendre la route goudronnée cabossée où des vaches bloquent le passage : « C’est l’autoroute », nous dit Undraa. Bientôt c’est l’immensité, la sensation d’être seul au monde dans ces plaines à perte de vue. Le voyage devient surréaliste quand David Guetta passe dans la Jeep, avec pour seul public les chevaux sauvages. On pique nique près de Celle-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, montagne sacrée au pied de laquelle une rivière coule paisiblement et où chevaux et chèvres viennent s’abreuver. « On ne dit jamais à quelle heure on arrive en Mongolie, on ne sait pas ce qui peut arriver sur la route » : 7h de jeep et 5 GPS humains plus tard (les nomades n’ayant pas d’adresse fixe, on se dirige au hasard des rencontres), nous voilà arrivés chez Ulziibat et Monkzaya, dans le Gobi.

Notre 4x4 dans la steppe mongoleMontagne sacréeLe troupeau s'abreuvant dans la rivièreAprès le pique nique Un autre GPS humainGPS humain dans la steppe
27
sept

Bat et Undraa

Bat, 25 ans, est tout juste papa d’une petite fille. Il travaille pour Nomad Planet, agence touristique familiale fondée par son frère qui vit à Paris, avec laquelle nous partons. Il gagne très bien sa vie : appartement au centre-ville et maison à la campagne pour respirer l’air pur l’été. Bat ressemble à la jeunesse occidentale : jean, baskets, il écoute hip hop et rap mongol sur son iphone (et de la musique française : I Am et Joe Dassin résonnaient dans la steppe). Il klaxonne à chaque fois que nous croisons un Ovoo au lieu de s’arrêter y déposer une pierre, et ne manque pas d’aider les nomades croisés sur la route. Il parle un peu français et a déjà visité Paris.

Undraa, 21 ans, vit avec ses parents près de l’aéroport d’Oulan-Bator. Elle est de retour au pays après avoir étudié le français au Maroc pendant 3 ans (moins cher) et obtenu son BTS Commerce. Elle parle un français impeccable avec l’accent marocain ! Interprète à Nomad Planet en emploi saisonnier, elle est consciente des problèmes de son pays et de la nécessité de beaucoup travailler. Mais elle est pleine d’envies et d’ambitions : elle rêve de voyager, de poursuivre ses études et de voir Paris et la Tour Eiffel.

Notre chauffeur, Bat, par Nomad Planet, MongolieNotre interprète francophone, Undraa, par Nomad Planet, Mongolie